Les risques avec la parentalité positive

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La parentalité positive est basée sur l’empathie et l’abscence de punition, inspirée par les neurosciences. On essaye d’optimiser le développement psychique de l’enfant et d’être attentif à ses émotions.

Nombreux sont ceux qui critiquent la parentalité positive la trouvant trop culpabilisante pour les parents et la critiquant en tant que dogme. Le but n’est pas d’être parent “parfait”. Se remettre en question n’a jamais fait de mal à personne et nous fait aussi avancer en tant qu’individu. C’est une chouette idée d’évoluer avec ses enfants, non ?

Évidemment chaque parent, quand il est tendre et fait preuve d’amour avec son enfant, il va automatiquement vers la parentalité positive. En gros c’est naturel et du bon sens. Donc il ne faut pas prendre le terme “parentalité positive” dans le mauvais sens et en conclure que toute autre parentalité soit négative. Chaque parent fait de son mieux.

Nous adhérons aux principes de la parentalité positive (Vous pouvez lire les articles suivants : La parentalité positive et Quelques principes et outils de la parentalité positive.) et être dans la bienveillance éducative avec son enfant nous amène aussi à être bienveillant avec les autres et soi-même (ce qu’il faut d’ailleurs puisque si on n’est pas bienveillant avec soi même on ne peut pas être bienveillant avec d’autres personnes).

Évidemment nous pensons qu’on ne peut jamais suivre des livres ou guides à la lettre, il n’y a pas de “recette à la parentalité parfaite” et qu’il faut toujours les adapter à ses propres valeurs et à son mode de vie.

Ce qui est important à notre regard, ou “les risques” à éviter avec la bienveillance parentale ou avec ce qu’on croît l’être (malentendus de la bienveillance parentale) sont les suivants :

Ne pas être naturel

Ce n’est pas forcement naturel d’éviter la négation par exemple. Nous avons l’habitude de dire plutôt “ne jette pas l’assiette par terre” au lieu de dire “laisse l’assiette sur la table”. On peut donc paraître plus crispé, moins spontané, moins soi-même et moins naturel. De plus, si on se corrige dans le couple devant l’enfant ce n’est pas forcement idéal non plus. Pourquoi maman corrige ce que papa vient de dire ?

Bref, c’est à chacun de décider si il souhaite adopter ce “nouveau langage”. Pour notre part nous trouvons qu’il s’intègre quand même assez facilement. Surtout quand on se laisse place aux “erreurs” 🙂

Oublier ses propres limites

Toute la première année on écoute les besoins de son enfant à 120%. Mais une année passée, le bébé a grandi et il peut commencer à apprendre que les parents, eux aussi, ont des besoins.

Respecter les besoins de son enfant est important mais respecter ses propres limites est essentiel. Si on ne s’écoute pas ou plus on ne peut pas être zen et bienveillant. À notre avis il est inutile de créer des limites pour l’enfant juste parce qu’il faut bien lui en poser ou bien parce qu’on a reçu ces mêmes limites. Poser des limites, dans la famille, se joue entre ses propres valeurs et limites. Exemple : On peut très bien dire à son enfant “Arrête de crier, s’il te plaît j’ai mal à la tête.” C’est une limite personnelle.

Vivre en famille, en harmonie, c’est respecter les limites de chacun. C’est savoir dire “non” quand il y a un trop plein. Nous sommes tous des parents humains qui peuvent des fois être fatigués ou en avoir marre. L’enfant peut comprendre cela. Si nous sommes empathique avec lui il va être de même avec nous. Les enfants doivent apprendre que d’autres personnes ont également des besoins et limites.

Poser une limite personnelle, dire “Non” ou “Stop” n’est pas un échec c’est justement la base de la bienveillance et l’honnêteté – envers soi-même – son partenaire – son enfant – ses amis – son travail.

La sur-protection

On sait que répondre aux besoins des bébés et enfants est nécessaire pour leur développement. Laisser pleurer un bébé peut avoir la conséquence qu’il se sent en détresse. (Vous pouvez lire notre article “Pourquoi les bébés pleurent ils ?”)

Mais des fois, en voulant les protéger trop on peut aussi créer un problème qui n’existe pas. C’est à dire, un enfant va peut-être devenir anxieux ou nerveux car nous essayons de le protéger à tout prix.

Les parents écoutent les besoins de l’enfant et souhaitent une famille harmonieuse. Ils donnent toute leur énergie et amour pour empêcher les conflits mais il ne faut pas oublier que les conflits sont aussi nécessaires.  Il n’y a pas de raison de prendre la frustration de l’enfant contre soi-même ou de la voir en tant qu’échec.

Tristesse, frustration et colère sont des émotions nécessaires et fondamentales dans la construction psychique. Il ne faut pas essayer de les éviter. Si les parents ne critiquent pas ces émotions ou ne les ridiculisent, ils ferons évoluer l’enfant.

L’attention permanente

Le fait de toujours écouter les besoins de son enfant peut aussi amener involontairement vers une attention permanente. Les parents souhaitent que les enfants soient toujours heureux et une certaine harmonie familiale. Au final ils font tout pour oublier leur propre personnalité, leurs propres limites. Ils ont tendance à vouloir donner un maximum à leurs enfant, souvent aussi en terme de matérialité.

Jesper Juul explique qu’au final la qualité des relations dans la famille est laissée aux enfants car le comportement des parents est dirigé par les réactions des enfants. Mais la responsabilité devrait être celle des parents. Avec tout leur engagement et l’énergie ils ne se sentent pas irresponsables. Mais ils oublient une chose importante, ce sont eux les parents, qu’ils devraient être des guides.

Mettre l’enfant en face de décisions qui ne sont pas de son âge

J’ai remarqué que des parents qui adoptent la parentalité positive demandent souvent l’avis à leur enfant. Cela fait preuve de respect et montre qu’il n’y a pas de rapport “dominant-dominé”.

Néanmois, il y a le risque de le mettre en face de décisions qui ne sont pas de son âge, on lui demande trop, ce qui fait qu’on lui donne involontairement trop de responsabilités. C’est le rôle des parents de prendre la responsabilité. Et même adulte on ne peut prendre qu’un certain nombre de décisions dans la journée.

Pour cela je vous cite un exemple de Jesper Juul, thérapeute familial en Scandinavie et auteur de plusieurs livres sur l’éducation. Il vient du livre que j’ai lu en allemand “4 Werte, die Kinder ein Leben lang tragen” (je ne l’ai pas trouvé en français).

La situation se joue dans un restaurant. Une famille entre, les parents, la grand-mère et un garçon de 3 ans. Les parents lui demandent en même temps où il veut s’asseoir. Il veut être à côté de sa mère. Finalement cela ne lui plaît pas. Le père sort un petit paquet et lui demande “c’est quoi tu penses ?” Le petit garçon, Marco, saute de la chaise et lui arrache le colis des mains. Le père propose son aide mais le garçon crie de plus en plus. Il y a un jouet éléctronique dans le colis. Le garçon ne veut pas écouter son père quand il lui dit qu’il faut y mettre des piles et dit que le jouet ne marche pas.
Les parents demandent à Marco ce qu’il veut manger. Il ne dit rien. Ils lui proposent pleins de plats. Finalement la maman arrive à le convaincre qu’il adore les gnocchi à la sauce tomate. Quand le plat arrive le père se précipite de lui mettre une fourchette plein de gnocchi dans la bouche. Le garçon se plaint que c’est trop chaud. La mère et la grand-mère donnent des conseils au père. Les adultes commencent à manger. Mais toute l’attention est sur l’enfant et sur ce qu’il voudrait bien manger. Il refuse toute proposition. Cette fois-ci il veut de la pizza.  Il ne veut toujours pas la manger. La mère et grand mère la goûtent et lui disent comme elle était déliceuse. Le garçon est distrait par un chien pendant que toute la famille le suit du regard il revient à table pour expliquer qu’il n’avait pas faim. Finalement il accepte la proposition de sa grand mère de manger de la glace au chocolat. La mère fait manger la glace à son fils qui la crache aussitôt. Le garçon se plaint qu’il n’y avait pas de noix dedans. La mère finit la glace.

Dans cette famille les parents sont dans la défensive. Jesper Juul propose comment les parents auraient pu se comporter.

En rentrant il vaut mieux ne pas demander au garçon où il souhaite s’assoir. Ils s’assoient et il aura la place libre. Si cela ne lui plaît pas il peut le dire et les parents peuvent éventuellement échanger avec lui. Si personne ne veut lui donner la place on peut lui dire : “Je sais que c’est frustrant,  je te comprends mais on n’a pas toujours ce qu’on a envie d’avoir”. Il va apprendre la frustration.
On peut accepter qu’il n’a pas faim. Peut-être il n’a vraiment pas faim ou il a oublié de demander à son estomac, ce qui est tout à fait possible à cet âge. S’il n’a toujours pas faim, quand le repas arrive à table, ce n’est pas grave. Si il a finalement envie de manger on peut lui commander quelque chose. Du fait qu’il a eu assez de temps et la possibilité de reconnaître sa propre faim il a pu être autonome. Il n’a pas eu la place qu’il voulait mais il a sa place dans sa famille. Les enfants ont besoin d’un guide compétent. Des parents qui montrent leur personnalité et qui se définissent en tant qu’humains.

Comment sortir de cette situation ?

Les parents pourraient discuter avec leur fils. Cela fait maintenant 3 ans que nous sommes tes parents et nous sommes très heureux. Par contre nous ne sommes pas contents d’être souvent en conflit. Mais maintenant nous savons pourquoi. Nous avons oublié que ce sont les parents qui ont la responsabilité de comment va la famille. Nous t’avons laissé cette responsabilité. Nous sommes désolés. A partir d’aujourd’hui ce n’est plus toi qui doit avoir la responsabilité. Mais cela veut dire aussi que nous allons décider de plus de choses. Mais ce n’est pas grave si tu nous en veut des fois. On préfère ça plutôt que tu soit malheureux.

Cela favorise l’autodiscipline des parents et libère la culpabilité de l’enfant. Si la famille n’est pas en harmonie, les enfants croient que c’est de leur faute. Ils ne se sentent plus coupable quand ils entendent que ce sont les parents qui portent la responsabilité. Quand les parents ne sont pas authentiques, il croient que quelque chose ne va pas avec eux-mêmes.

D’après nous, les points cités ci-dessus pourraient être des malentendus de la parentalité positive ou bien des risques potentiels.

 

 

 

 

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